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: : A la pêche !

vendredi 22 février 2008

Rue Possetskaïa, puis à gauche, vers la mer. Le terrain est variable : bitume, terre, glace, neige, gadoue. Il faut le pied marin. Les bottes après-ski pointure 40 ne sont pas un luxe, même si elles jurent avec les bottes à talons-aiguilles des élégantes croisées dans la rue. Mais comment ferais-je pour descendre un escalier pris dans la glace ? C’est de crampons dont j’aurais dû me munir, pas d’après-ski pointure 40.

A travers les arbres nus, une ambiance bleue piquée de points noirs, sur un horizon blanc : des oiseaux ? Des pingouins ? Pourquoi l’océan est-il si blanc ?

C’est qu’il est gelé ! Ce n’est pas l’océan, pas tout à fait, mais le mélange des eaux salées du Pacifique - de l’océan tranquille (en russe : Тихий океан) - et des eaux douces du Deuxième Fleuve . Importance des majuscules. Les points noirs, ce sont des pêcheurs, certains assis, certains debout, tournés vers le soleil.

Marcher sur l’eau. Un petit vent froid se lève.

Ils sont aimables, les pêcheurs. Tandis que je détaille le matériel de l’un d’eux - grosse chignole à forer la glace, écumoire, passoire à thé, il me propose de m’y coller : rass’, dva, tri - un, deux, trois. Il faut prendre le rythme. A "rass’", laisser descendre le fil, et sur "dva, tri", doucement le remonter, et recommencer. La canne à pêche est bien légère : une baguette de bois fichée dans un os de seiche travaillé en forme de poignée, un fil, un hameçon. En une demi-heure, trois poissons, une grande première dans ma longue existence, mais un bilan médiocre comparé à celui du maître : lui, il en sort une bonne vingtaine. Je m’y prends comme un manche. Il me répète inlassablement : rass’, dva, tri, tikho, tikho (un deux trois, doucement, doucement). Me demande d’où je viens. De France. Quelle idée a-t-il des femmes de France, car aussitôt il s’inquiète de mes mains nues et m’offre ses gants.

Comment s’appellent les poissons ? - "корюшка" (kariouchka). On pêche ici de l’éperlan, soit pour sa consommation personnelle, soit pour le vendre.

Soleil couchant, 17 h

Le vent s’amplifie, je salue mon pêcheur. le remercie, et m’en retourne vers la ville, étonnée toujours de marcher sur les eaux. Croise la petite sirène prise dans une congère, avec son téton peint en rouge. Sur la plage semblable au pied d’une moraine s’envole une mariée en blanc, après la photo devant la sirène. Le vent froid gonfle son voile : ici, les bateaux sont pris dans les glaces, aucun vent ne gonflera aucune voile. Vive la mariée ! La voile de la mariée.