Accueil > Tomsk > Eglises, marchés, marcher

  • Chapelle
  • Богоявленский собор
  • Eglise
  • Clocher
  • Eglise
  • Intérieur
  • Intérieur
  • Marché central
  • Marché central
  • Autre mrché
  • Victuailles
  • Poissons

Eglises, marchés, marcher

mercredi 5 mars 2008

Il fait un temps à neige, ciel blanc. Un temps à entrer dans les églises. A marcher. De l’hôtel "Tomsk" au centre-ville, disons 4 kilomètres en ligne droite. Ajoutons les détours, les épisodes de glissade, les contournements de flaques. J’arrive épuisée au bord du Tom, et m’installe, pitoyable, sur un banc public, le cul dans la neige.

S’approche un monsieur tout sourire, qui s’assoit aussi. C’est Guennadi, il est ouvrier à l’université, il n’a rien à faire jusqu’à seize heures, que m’accompagner dans sa ville. Ici, on dirait : il est peu givré, le gars. Guennadi s’enflamme, se lève, se rassoit, promet, la main sur le cœur, des bouquets de roses jaunes, me fourre une poignée de pignons de cèdre dans la poche, entonne une chanson. Je lui dis : allez, Guennadi, montrez-moi les églises et les belles maisons de Tomsk. Et nous voici bras dessus bras dessous, avec un Guennadi intarissable. Première église - Богоявленский собор. Guennadi connaît les petites dames qui vendent les icônes et l’encens, me présente d’une voix de stentor : voici une dame qui vient spécialement de Paris pour nous rendre visite, faisons-lui honneur. Une jeune fille "voilée" me présente tous les saints de la ville, dont les miracles sont exceptionnels. Panteleimon donne de la force. De la force d’âme, pas de muscle, précise-t-elle. Une jolie sainte vous garantit la santé : par sa seule volonté, elle a fait s’écrouler la prison où se trouvait son époux. C’est vrai. Un autre, ici, très pratique, que les étudiants viennent en nombre prier à la saison des examens.

Guennadi me prie de n’être pas ingrate : j’acquiers pour quelques roubles des images collées sur des planchettes de bois : Panteleimon, Pierre et Paul... et pour quelques roubles de plus, je peux piquer trois cierges dans le porte-cierges. C’est comme peinture à la huile peinture à la eau, on sait bien ce qui est le plus beau ! Les cierges en cire : c’est plus cher, mais c’est mieux, beaucoup mieux que les cierges en paraffine.

Guennadi est content, il me laisse son adresse sur un billet de cinq roubles, en échange d’un billet de dix. Pas sot !

Mais les églises, ça le lasse. Les vieilles maisons, alors ? D’accord, mais pas ces vieilles maisons en bois qui ne valent pas un clou. De vraies vieilles maisons, en pierre, solides, avec des cheminées en marbre. Et nous voici - la plaque l’indique - à l’intérieur d’un immeuble "classique", siège de l’équivalent d’EDF. Guennadi file droit chez le directeur, qui, ouf, est absent. Et sans directeur, on ne pourra pas visiter le bâtiment, à peine entrouvrir les portes.

A quoi on pense

Krasnoaïrsk est une ville jolie, évoluée. En comparaison, Tomsk fait figure de cochon en coiffe. Les rues sont propres, pavées, les maisons grandes et en pierre, les églises sont belles.
 
Tchékhov à sa mère, mai 1890

Traversée du marché central, deuxième église, petite, blanche. Une seule petite vieille, menue, voûtée, parlant bas et chiffon à la main, en assure la surveillance. Guennadi me plante là : perds pas les cinq roubles, téléphone ! Il se met à pleuvoir, neiger, venter alors que je détaille ce que l’on vend au marché central : des chapeaux, des vêtements, des fruits, des blouses, des poissons congelés, des "posi", des raviolis, des fleurs...

Retour à pied, dans les 5 kilomètres. Nié daliko   (ce n’est pas loin !), disent-ils...

Cierges