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Ekaterinbourg-Nijninovgorod, ou : Sverdlovsk-Gorki pour les chemins de fer. Micha, lui, vient de Barnaoul, dans l’Altaï, et se rend à Siktivkar, dans la république des Komis. Donc, il a changé de train à Ekaterinbourg, il descendra à Kirov, et de Kirov aura huit heures d’autocar pour Siktivkar. Après, un peu de voiture. Bon courage ! Micha n’en manque pas.

En quelques minutes, la table s’est couverte de tranches de jambons, sandwichs, rondelles de saucisson, lard, cornichons, pirojki, fruits, bonbons, chocolat...

C’est où, Siktivkar, Micha ? Étonnement. Ne pas connaître la capitale de la république des Komis ! Je sors ma carte, il est comme un enfant devant une auto de pompier (depuis le début, il me semble que ma carte étonne).

Micha se frappe les cuisses : "Quand je dirai à ma femme que j’ai voyagé avec une Française, elle ne me croira pas !".

Siktivkar


Syktyvkar est une ville de Russie, capitale de la République des Komis, à l’ouest de l’Oural. La ville est construite sur la rive gauche de la Vytchegda, dans le delta de la Sysola sous le nom d’Oust-Sysolsk (ce qui signifie embouchure de la Sysola en komi). Les Komis qui habitent la région nomment en komi Syktyv le fleuve Sysola.

Les Russes bâtissent une paroisse en 1586. L’impératrice Catherine II donne le statut de ville à Syktyvkar en 1780. La ville devient la capitale de la division administrative. En 1930, pour le 150e anniversaire de son statut de ville, Oust-Sysolsk est rebaptisée Syktyvkar, son nom komi ("Syktyv" est le nom komi de la Sysola, et "kar" signifie "ville").

source : Wikimapia


Micha était à Barnaoul, il rendait visite à son frère. C’est aussi à Barnaoul qu’est enterrée sa mère. Son père, lui, est enterré à Vorkuta. Tous les ans, il va et à Vorkuta, et à Barnaoul. Micha était mineur. Son père, fait prisonnier par les Allemands, s’est retrouvé mineur à Vorkuta, et y est resté. A eu cinq enfants, dont Micha. À peine quelques jours avant de rentrer à Barnaoul rejoindre sa femme, le père meurt. Micha reste au nord de Vorkuta jusqu’à sa retraite, à 45 ans : "mineur, c’est un boulot dur, il y en a tellement qui partent avant l’heure, moi j’ai survécu".

Après quoi, il s’installe à proximité de Siktivkar. Il fait un temps "des affaires" entre le Kazakhstan et la Russie, mais comme mineur, sa retraite est correcte, il peut abandonner le business. Il a ses cultures : tout pousse, pommes de terre, champignons, baies. Même les pastèques, dit-il. Micha fait ses conserves pour l’hiver. A ma question de savoir si sa maison est loin de la forêt, il s’écroule de rire : mais elle est dans, dans la forêt !

Ekaterinbourg-Nijninovgorod

Vous avez de la colère, Micha, pour votre père ? Colère, colère... Qu’est-ce qu’on peut, nous ? Il n’est pas mort à la guerre, mais c’est tout comme. Qui les a comptés, les morts, qui ? Qui les comptera ? Combien de doigts de combien de mains faudrait-il ? Micha me montre sa main : il manque un doigt. Tant de millions, qui peut compter tant de millions ? Dire comment et pourquoi ?

La vendeuse passe dans le couloir avec son charriot, Micha prend une bière. 75 roubles ! 75 roubles ! Mais c’est 25 roubles, n’importe où, une bière. Et il fait quoi, ce Medvedev ? A peine élu, les bières passent à 75 roubles ? Qui s’en met plein les poches, au passage ?

Découragé par le coût de la vie, Micha sort, l’air gourmand, son arme ultime, une fiasque en métal : t’as jamais bu de ça. - ? - Tu connais le cognac, hé bien c’est meilleur que le cognac, c’est du cognac de baies ; mais attention, c’est fort, très fort, 80 degrés. La couleur est celle du cognac.

Il l’appelle "samagon" (le feu soi-même ?). Costaud, le samagon ! Je refuse poliment une seconde tournée - étant femme, ce refus m’est permis.

Après deux bières et quelques rasades de samagon, Micha s’endort comme un bébé. Quand je me réveillerai, il sera parti.



Je m’en vais te les apprendre, moi, les noms des jours. En komi.

Qui nous dira quel Medvedev a trouvé notre Cocotte pour la portraiturer ?